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Oui, entrez, entrez, dans le « Blog » de « l’Incroyable Ignoble Infreequentable » ! Vous y découvrirez un univers parfaitement irréel, décrit par petites touches quotidiennes d’un nouvel art : le « pointillisme littéraire » sur Internet. Certes, pour être « I-Cube », il écrit dans un style vague, maîtrisant mal l’orthographe et les règles grammaticales. Son vocabulaire y est pauvre et ses pointes « d’esprit » parfaitement quelconques. Ses « convictions » y sont tout autant approximatives, changeantes… et sans intérêt : Il ne concoure à aucun prix littéraire, aucun éloge, aucune reconnaissance ! Soyez sûr que le monde qu’il évoque au fil des jours n’est que purement imaginaire. Les noms de lieu ou de bipède et autres « sobriquets éventuels » ne désignent absolument personne en particulier. Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies) y est donc purement et totalement fortuite ! En guise d’avertissement à tous « les mauvais esprits » et autres grincheux, on peut affirmer, sans pouvoir se tromper aucunement, que tout rapprochement des personnages qui sont dépeints dans ce « blog », avec tel ou tel personnage réel ou ayant existé sur la planète « Terre », par exemple, ne peut qu’être hasardeux et ne saurait que dénoncer et démontrer la véritable intention de nuire de l’auteur de ce rapprochement ou mise en parallèle ! Ces « grincheux » là seront SEULS à en assumer l’éventuelle responsabilité devant leurs contemporains…

mercredi 24 août 2016

Laudato si… (XXXII)


Trentième-deuxième chapitre : 25, 26 et 27 février 1991.

Avertissement : Vous l’aviez compris, ceci n’est qu’un roman, une fiction, une « pure construction intellectuelle », sortie tout droit de l’imaginaire de son auteur.
Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies), y compris sur la planète Terre, y est donc purement, totalement et parfaitement fortuite !

Après moult tractations secrètes, le Président français est informé par l'émir du Koweït de sa décision de contribuer à hauteur d’un milliard de dollars à l'effort militaire français pour libérer son pays. Dans un communiqué, le ministère français des Affaires étrangères explique : « Au moment où les soldats français sont engagés dans l'action terrestre destinée à mettre fin à une longue et cruelle occupation, la France apprécie hautement cette manifestation de solidarité ».
Cette information obligera l’ancien ministre de la défense, démissionnaire, à définitivement se taire : il n’y a plus de détournement ni de vol de l’État Koweïtien.

L’information sera commentée par le quotidien « Le Monde », daté du 27 février en ces termes : « POUR aider la France à financer sa participation à la guerre, le Koweït va lui verser 1 milliard de dollars (environ 5 milliards de francs). L'émir du Koweït l'a fait savoir directement, lundi 25 février, au président de la République. Une bonne nouvelle pour les finances de l'État : M. Michel Charasse, ministre délégué au budget, n'a pas manqué de s'en féliciter immédiatement. Un don toujours bon à prendre, mais les Français aimeraient sans doute aussi participer plus activement à la prochaine reconstruction du pays.
Appréciant le "geste" de l'émir, M. Charasse ajoutait : "C'est une grosse contribution, mais qui n'a rien d'exceptionnel." Effectivement, la guerre du Golfe a ceci d'original qu'elle réunit, au sein des forces alliées, deux types de pays : ceux qui ont de l'argent mais des armées maigrichonnes (le Koweït, l'Arabie saoudite, mais aussi l'Allemagne et le Japon) et ceux qui ont de puissantes forces militaires mais pas beaucoup de moyens financiers (les États-Unis, la Grande-Bretagne et la France). Tels des mercenaires, ces derniers travaillent... » etc.

Départ pour le Golfe de renforts français. Le 2ème REP, spécialisé dans les « actions en profondeur », quitte Calvi pour rejoindre le dispositif Daguet.
Le gouvernement koweïtien en exil a déjà signé plus de 170 contrats, atteignant environ 1,25 milliard de dollars pour la reconstruction de son pays. 
Les Français Jacques Barrot et Bernard Stasi, qui reviennent de Jordanie, affirment que les responsables qu'ils ont rencontrés leur « ont exprimé leur vif mécontentement du rejet par les Alliés de la proposition soviétique, ainsi que leur déception de voir la France associée à ce rejet ».
Un  débarquement est finalement en cours sur les plages dégagées du Koweït. Plus de 18.000 soldats américains et une trentaine de navires d'assaut amphibie sont à l'œuvre.
Après Air France, c'est au tour d'Air Inter d'annoncer le blocage des salaires de son personnel en 1991 pour faire face aux pertes d'exploitation dues à la guerre du Golfe.
En Iran, des pluies de suie noire dues aux puits de pétrole koweïtiens en feu provoquent l'inquiétude des services sanitaires.
Pour la première fois, les deux grands rabbins d'Israël bénissent des soldats étrangers. Ces derniers sont engagés dans l'opération Tempête du Désert.
Les premiers succès alliés sur le terrain des opérations provoquent la hausse des places boursières internationales. À Paris, le CAC 40 s'ouvre sur une hausse de 1,45 % pour atteindre + 1,65 % à la clôture. Depuis le début des hostilités le 17 janvier, la bourse de Paris a progressé de 15 %.
Israël demande aux USA un milliard de dollars d'aide militaire supplémentaire.
Les blindés du lieutenant-colonel Bourret feront plus de 700 prisonniers aujourd'hui.
Plus d'un par personne !

L'impressionnante armada du 18ème corps américain reprend sa route vers l'Euphrate. Depuis 2 jours, les parachutistes de la 2ème brigade de la 82ème division aéroportée attendaient derrière les troupes françaises. Les officiers américains s'avouent impressionnés par la rapidité et l'efficacité avec laquelle les Frenchies ont mené à bien leur mission. En félicitant les Français, un général américain dira même : « Vous avez surtout réussi l'exploit de faire manœuvrer la 82ème Airborne. Moi, je n'y suis encore jamais arrivé ! »

Mardi 26 février : 28  soldats alliés sont tués (19 Britanniques, 7 Américains et 2 Français)
1 h 00 : dans la matinée, le porte-parole de la Maison Blanche, Marlin Fitzwater, confirme qu'aucun message de Bagdad n'est parvenu au sujet d'un retrait irakien.
Washington ré-exige de nouveau que l'Irak se retire du Koweït et applique les 12 résolutions de l'ONU.
2 h 15 : un missile SCUD irakien est tiré en direction de la centrale nucléaire de Dimona, en Israël.
3 h 30 : nouveau tir de missile SCUD irakien en direction de la centrale nucléaire de Dimona, en Israël.
4 h 00 : ce n'est que cette nuit, à 22 h 30, que les Challenger et les Warriors britanniques du régiment 14/20 des King's Hussars ont pu quitter la position New Jersey, en territoire irakien. Toute la journée, ils avaient pu assister au plus bel embouteillage du siècle, les convois se faufilant les uns après les autres à travers le passage aménagé par les Américains dans les premières défenses irakiennes. Les positions Bronze et Copper ont été prises d'assaut pendant la nuit. Maintenant, ils foncent vers l'est...
6 h 30 : lancement de l'opération Princesse qui vise à conquérir le village, avec tout d'abord une action psychologique.
7 h 00 : un missile SCUD irakien est abattu en vol dans le ciel de Bahreïn, et un autre tombe quelques instants plus tard sur Doha, la capitale du Qatar, sans faire de victime.
Mikhaïl Gorbatchev est informé par Bagdad que l'Irak va retirer immédiatement ses troupes du Koweït. Trois heures plus tard, le Président soviétique demande un cessez-le-feu immédiat au Conseil de sécurité de l'ONU. Les USA s'y opposent en exigeant d'abord l'acceptation par l'Irak des 12 résolutions de l'ONU adoptées depuis le début de la crise. 
7 h 15 : le convoi change de direction, et se rend à une autre entrée du village. Les Jeep diffusent la même musique de la chanteuse égyptienne Oum Kalsoum et les mêmes consignes en arabe. Après une vingtaine de minutes, une dizaine de personnes sort d'une maison, les mains en l'air. Ce sont quelques vieillards et un enfant. Ce sont là les derniers civils qui se trouvaient à As-Salman, les autres ayant trouvé refuge à 130 km du village.
9 h 30 : Saddam Hussein annonce le retrait du Koweït et la victoire de l'Irak.
Le ratissage du village d'As-Salman commence, alors qu'une tempête de sable se lève. L'escadron d'AMX-10RC du capitaine de Revel contrôle les parties Sud de la localité, alors que la 2ème compagnie du capitaine Lancelot reste en réserve avant de remonter le secteur Est. Les compagnies Gaillard, Fertinel et Toutous se sont vu chacune attribuer un fuseau.
13 h 00 : Kuna, l'agence de presse officielle du Koweït, annonce la libération de la capitale de l'émirat par les troupes koweïtiennes. 
13 h 15 : L’Irak accuse les forces de la coalition d'attaquer ses troupes en mouvement de retrait vers le nord.
13 h 30 : As-Salman est conquis. Près du QG de la 45ème division d'infanterie irakienne, des VAB stationnent sous un gigantesque portrait de Saddam Hussein en tenue militaire (alors qu'il n'a jamais été soldat).
15 h 00 : les Britanniques venaient juste de prendre la position Steel, quand un A-10 Thunderbolt américain survole le régiment. Plongeant d'une altitude de 450 m, le pilote n'a que 5 secondes pour identifier sa cible. Voyant 2 blindés isolés, il ouvre le feu, avant de repartir vers sa base. Ses 2 missiles Maverick se dirigent droit vers leurs objectifs : des Warriors britanniques du 3ème Régiment royal, qui explosent sous l'impact.
17 h 00 : flash spécial sur CBS. Les envoyés spéciaux de la chaîne américaine émettent en direct de Koweït-City. C'est la première fois que des journalistes ont accès à la capitale koweïtienne depuis l'invasion de l'émirat le 2 août. Les Marines contrôleraient entièrement Koweït-City, selon une dépêche de l'agence de presse koweïtienne Kuna.
L'état-major américain annonce que 21 divisions irakiennes sur 42  ont été mises hors de combat. Les prisonniers se compteraient par milliers.
16 h 00 : le PC du 3ème RIMa s'est installé près du poste de police d'As-Salman. C'est l'heure du bilan et de la dépression. Soudain, dans le combiné radio, une demande d'évacuation sanitaire. Une explosion vient de se produire dans le fort d'As-Salman. Les 2 soldats tués sont du 1er RPIMa. Aussitôt, les VAB sanitaires foncent vers le lieu du drame. 16 h 30 : une demi-heure à peine après l'explosion du fort d'As-Salman où 2 Français ont perdu la vie, une autre explosion secoue l'aérodrome.
7 Américains, qui manipulaient un conteneur rempli de sous-munitions, sont tués sur le coup.
Parmi eux, un jeune capitaine qui venait tout juste de prendre le commandement de sa compagnie et 2 lieutenants. Un blessé est évacué par un hélicoptère sanitaire français. Chez les Américains, le traumatisme est énorme.
De ce fait, le 27ème bataillon quittera l'aérodrome plus tôt que prévu.
17 h 30 : après 6 heures de combat, le 1er Staffordshire Regiment tient la position Lead, au nord du dispositif britannique. L'avance vers Lead a été difficile, les Irakiens ayant regroupé leurs chars T-55 derrière les lignes de défense pour préparer la contre-attaque.
Les Warriors anglais se sont présentés devant les lignes irakiennes qu'ils ont arrosées à la mitrailleuse, les balles passant au-dessus des défenseurs qui s'éparpillaient dans le désert. L'infanterie, elle, sous le feu des positions irakiennes qui résistaient encore, s'occupait des centaines de prisonniers capturés dans la journée.
19 h 00 : les forces égyptiennes contrôlent l'aéroport situé à 15 km de Koweït-City. Elles font plus de 4.000 prisonniers irakiens.
20 h 00 : le gouvernement irakien informe que Saddam Hussein a visité des unités du 1er corps d'armée irakien. Radio-Bagdad annonce qu'il s'est entretenu avec ses chefs militaires « pour repousser toute tentative d'agression destinée à amoindrir l'Irak. »
23 h 30 : 2 jours après le jour G (Go), la 1ère division blindée britannique a atteint les positions fixées par l'état-major comme objectifs après 10 jours de combats. Au Nord, le 2ème Régiment de cavalerie américain a progressé à la même vitesse. Au Sud, la 1ère division de cavalerie américaine appuie de son artillerie les unités britanniques qui se préparent au dernier assaut vers Tungsten. Ces forces alliées sont à moins de 20 km du Koweït. Plus au Nord, les 7ème et 18ème corps d'armée américains referment le mouvement en tenaille pour prendre au piège les forces irakiennes. Toute retraite vers Bagdad est impossible.
La Garde républicaine est coincée dans la région de Bassora.

En France, on note le départ depuis Montauban de 200 démineurs et maîtres-chiens pour le Koweït. Leurs missions sont tenues secrètes, mais le déminage de l'ambassade de France de Koweït-City reste leur priorité.
Les autorités belges annoncent qu'elles verseront 31 millions de dollars à la France et à la Grande-Bretagne pour leur effort de guerre.
Peu après l'annonce par l'Irak du retrait du Koweït, plusieurs milliers de Jordaniens, déçus, se rendent dans des centres de recrutement de l'armée pour s'enrôler aux côtés des Irakiens  et poursuivre la guerre contre les Occidentaux. 
Les combats de rue que craignaient les Alliés n'ont pas eu lieu, les Irakiens ayant fui la veille au soir. Ce sont des éléments de la résistance koweïtienne qui ont pris position les premiers dans la ville après la déroute des Irakiens.
Dans la soirée, un commando de Marines dirigé par le lieutenant Brian Knowles a symboliquement ré-ouvert l'ambassade des États-Unis. La situation reste pourtant confuse, des tirs d'artillerie retentissent toujours dans la ville.
L'émir du Koweït en exil, cheikh Jaber al-Ahmed al-Sabah, décrète « l'état d'urgence » pour une période de 3 mois, afin de protéger les biens, les citoyens et les résidents étrangers. Le prince héritier a été nommé administrateur général de l'état d'urgence. Sa mission : assurer rapidement le retour à la normale. 

Le bombardement intensif du convoi irakien sur la route de Bassora a provoqué des centaines de victimes, et de nombreuses protestations en Occident. D'après de nombreux médias occidentaux, les militaires irakiens étaient accompagnés d'otages civils koweïtiens quand ils fuyaient.
L'élite de l'armée irakienne se trouvait dans la région de Bassora, quand les Alliés l'ont attaquée. La retraite vers Bagdad est coupée. Les Alliés ont atteint la rive droite de l'Euphrate et les combats avec des éléments de la garde républicaine ont commencé. L'une de ses 8 divisions a été attaquée par des centaines de chars M-1A1 et l'infanterie du 7ème corps d'armée américain sur un front « large d'une dizaine de kilomètres » selon un haut responsable du Pentagone.
L'effondrement de l'armée irakienne se confirme d'heure en heure. Partout, les soldats de Saddam Hussein lèvent les bras et les Alliés n'ont dû engager que des combats de faible envergure.
Les Américains font état d'au moins 40.000 Irakiens capturés. Cet afflux de prisonniers à expédier vers l'arrière est le seul facteur qui ralentit la progression des Alliés en avance sur leurs prévisions.
Environ 50 % des chars irakiens, soit environ 2.085 sur 4.200 avant la guerre, ont déjà été détruits par les forces coalisées.

Mercredi 27 février :
3 h 00 : Un communiqué militaire informe que les troupes irakiennes ont fini leur retrait du Koweït.
9 h 00 : Radio-Bagdad affirme que « l'ennemi a échoué, ses armes ont été calcinées sur les frontières du Koweït », et que les Alliés n'ont pu pénétrer dans l'émirat qu'après le retrait des troupes irakiennes.
L'aviation française bombarde de nouveau la Garde Tawakalma postée au sud de l'Irak, près de Bassora. Les Jaguar français sont escortés de Mirage 2000-RDI pour cette mission baptisée Voltaire 4730. Des bombardements intensifs ont également lieu à la frontière koweïto-irakienne et à Bagdad par les aviations alliées.
12 h 00 : Radio-Bagdad invite l'armée et la population « à utiliser toutes les armes contre l'ennemi envahisseur ». 
Lors du Conseil des ministres, le Président français confirme que le cessez-le-feu ne pourra intervenir que quand l'Irak aura préalablement accepté d'appliquer l'ensemble des 12 résolutions de l'ONU.
Au terme de violents combats, les Marines ont pris le contrôle de l'aéroport de Koweït-City, situé à l'extrémité de la capitale. 4 jours après le début de l'offensive terrestre, les combats se sont déplacés. C'est désormais dans le sud de l'Irak que tout se joue.
Le Wadi est atteint.
Aucune trace des Irakiens, si ce n'est quelques prisonniers de plus. Le passage d'un grand fossé naturel se déroule sans problème.
13 h 00 : la radio des Alliés signale une source de chaleur à 5 km. Ce sont 2 véhicules britanniques en feu. Les occupants sont saufs. Ils s'étaient éloignés pour satisfaire des besoins naturels quand leurs Spartan ont été attaqués...
Le Quai d'Orsay annonce que Jean Bressot sera le nouvel ambassadeur de France  au Koweït.
14 h 00 : Radio-Bagdad annonce que l'Irak est prêt à reconnaître les résolutions 660, 662 et 674 du Conseil de sécurité (retrait du Koweït, nullité de l'annexion et principe de paiements des dommages de guerre). Un cessez-le-feu décidé par les Alliés entraînerait la libération des prisonniers.
15 h 00 : L'agence de presse soviétique Tass considère qu'un règlement politique doit intervenir. La libération du Koweït ne justifie plus l'action militaire.
16 h 00 : La Maison Blanche estime que « l'accord de Bagdad sur quelques résolutions ne justifie pas de changement d'attitude. Il ne peut y avoir de préalable et toutes les conditions doivent être remplies. »
16 h 15 : l’Irak prêt à évacuer le Koweït avec une  condition. L'ambassadeur irakien auprès de l'ONU présente au Conseil de sécurité une lettre de son gouvernement. Les autorités irakiennes se disent prêtes à achever le retrait de ses troupes  du Koweït, conformément à la résolution 660. Prêtes également à se conformer à toutes les résolutions. À une condition cependant : que le Conseil décrète un cessez-le-feu et que les hostilités s'arrêtent. Les autorités américaines avaient déjà catégoriquement rejeté une telle proposition, jugeant que l'Irak n'avait pas à poser de conditions. 
19 h 30 : selon le général Norman Schwarzkopf : « La mère des batailles s'est transformée en mère des retraites ». Plus de 3.000 chars irakiens ont été détruits sur un total estimé à 4.200. Les Alliés auraient mis hors de combat 29 divisions irakiennes sur 42.
22 h 00 : le Conseil de sécurité se réunit de nouveau. À une écrasante majorité, ses membres rejettent la demande de Bagdad. L'Irak doit se soumettre à toutes les résolutions de l'ONU avant un quelconque cessez-le-feu. La guerre se poursuit donc... 

La plus grande bataille de chars depuis la Seconde Guerre Mondiale se termine. 6 des 8 divisions de la Garde républicaine, les troupes d'élite de Saddam Hussein, sont regroupées dans la région de Bassora. Ce qui représente plus de 200 chars T-72 de fabrication soviétique. Face à ces divisions, les forces américaines et britanniques, qui ont rassemblé plus de 250 chars M-1A1, qui entrent en action pour la première fois. L'objectif des Irakiens n'est pas de tomber entre les mains de la coalition, mais de faire de la bataille de chars engagée près de Bassora une diversion pour ensuite regrouper les forces irakiennes près de la frontière iranienne.
Un projet que les Alliés se sont employés à faire échouer, tout au long de la journée. « Les Irakiens sont bloqués. Ils ne peuvent pas sortir » assure un responsable militaire, tout en reconnaissant cependant que « c'était une dure bataille ».
La proximité de Bassora rendait la marge de manœuvre relativement étroite pour la coalition. Personne parmi les Alliés ne voulait tenter d'investir militairement cette ville d'un million d'habitants et de risquer des combats de rue.
Il restait alors une seule tactique mise en œuvre en début d'après-midi au 7ème corps et à la 24ème division américains engagés dans l'affrontement : s'approcher le plus possible de la ligne des blindés irakiens et la pilonner à l'aide de canons de 155 mm et de lance-roquettes.
« Il faut déraciner ces hommes » explique le colonel Hitt, chef de l'aviation du 7ème corps américain pour décrire la motivation des soldats de la Garde républicaine regroupés autour de Bassora.
Tandis que certaines unités construisent des ponts de bateaux sur l'Euphrate, pour tenter de se replier à la frontière iranienne, 3 autres divisions de la Garde qui en comptait 6 ont encore tenté de faire front à l'ensemble des troupes coalisées dans le Sud de l'Irak.
Elles ont essuyé tout au long de la journée les attaques continues des troupes américaines et françaises. Les Jaguar français ont effectué 3 raids ce matin pour les bombarder, relayés ensuite par les aviations américaine et britannique.
Beaucoup de renforts logistiques ont été acheminés dans cette zone de combats : la 101ème Airborne a atteint les rives de l'Euphrate, la 24ème division d'infanterie américaine s'en approche, tout comme la 6ème division de blindés française.

Toute la journée se sont succédées des déclarations officielles contradictoires. « Le ciel est couvert. Les bombes sont lâchées sans discernement » a condamné l'agence de presse iranienne IRNA qui a assuré que le retrait irakien du Koweït avait débuté avant la fin de l'ultimatum du 23 février. « Nos forces militaires et la population opposent une résistance acharnée » a ensuite affirmé un porte-parole militaire irakien qui reconnaissait pour la 1ère fois que des troupes étrangères ont pénétré le territoire irakien.
Puis, peu après, le présentateur officiel de Radio-Bagdad expliquait : « Nous sommes prêts au sacrifice pour défendre chaque pouce de notre territoire. Les Irakiens ne se laisseront pas humilier et n'accepteront qu'une paix juste et honorable », et appelait « tout le peuple, hommes, femmes et enfants » à se mobiliser « pour faire face à l'ennemi ». 

Du côté de la coalition, l'optimisme a été de rigueur toute la journée. « Il doit rester une quinzaine de divisions irakiennes encore en mesure de résister aux forces alliées »,  confesse le général Schwarzkopf, qui dirige les forces coalisées. « 29 des 42 divisions étaient déjà considérées comme neutralisées, 3.000 chars détruits. La défection des forces aériennes est une des raisons de l'effondrement de l'armée irakienne ». 
L'aéroport de Nassiriyah a également été le théâtre de « combats acharnés ». Une partie de ce secteur est couvert par les Français de Daguet, chargés de protéger le flanc nord-ouest d'une contre-attaque irakienne. « Mais les Français ne participeront pas à la réduction de la Garde (républicaine irakienne). Nous ne voulons pas planter notre drapeau sur les rives de l'Euphrate » a précisé le général Schmitt.
Dans le désert irakien, de nombreux véhicules et des dizaines de chars de l'armée irakienne, détruits ou intacts, sont abandonnés dans le désert dans la débâcle. Cette bataille est une victoire éclatante pour les Alliés, qui n'ont pas perdu un seul char ! 

mardi 23 août 2016

Laudato si… (XXXI)


Trentième-unième chapitre : La bataille des 100 heures.

Avertissement : Vous l’aviez compris, ceci n’est qu’un roman, une fiction, une « pure construction intellectuelle », sortie tout droit de l’imaginaire de son auteur.
Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies), y compris sur la planète Terre, y est donc purement, totalement et parfaitement fortuite !

1 h 00 : Il est 4 heures du matin (1 h 00 GMT) dans le Golfe, le jour se lève. Le plus grand déploiement de troupes depuis la Seconde Guerre Mondiale passe à l'action. Plus d'un million de soldats de toutes nationalités, des dizaines de milliers de chars, d'avions, de blindés et de canons ouvrent le feu. Le ciel est totalement noir de fumée, à cause des bombardements intensifs sur Bagdad et Bassora et des centaines de puits de pétrole incendiés.
Les Américains pénètrent le territoire koweïtien sans grande difficultés et avancent vers la capitale avec les forces arabes de la coalition, alors que les gros canons des cuirassés Wisconsin et Missouri, situés à 15 km des côtes koweïtiennes, tirent sur les fortifications irakiennes.
L'état-major irakien, qui a repéré les dizaines de navires alliés au large de l'émirat, est persuadé que les Alliés tenteront un débarquement digne du 6 juin 1944 sur les plages koweïtiennes, et a donc donné l'ordre à ses troupes d'y prendre position.
Mais la division Daguet, les 7ème et 8ème corps américains, et les « Rats du désert » britanniques profitent de cette diversion pour foncer vers le nord de l'Irak, jusqu'à l'Euphrate pour encercler les soldats irakiens installés au Koweït et les couper des 150.000 gardes républicains déployés à Bassora.

1 h 40   : la chaîne de télévision américaine CBS est la première chaîne au monde à annoncer que les troupes américaines et alliées ont pénétré les territoires irakien et koweïtien. 
1 h 44 : nouvelle alerte au SCUD en Arabie Saoudite. Le missile irakien est abattu par deux Patriot américains dans le ciel de Riyad. 
1 H 50 : la chaîne de télévision La Cinq interrompt ses programmes pour un flash spécial qui durera plus de 13 heures. C'est la première chaîne française à annoncer le déclenchement de l'offensive terrestre.
2 h 00 : la chaîne de télévision française TF1 lance un flash spécial qui durera plus de 36 heures, sans aucune interruption, et annonce que le président français a donné l'ordre aux troupes françaises d'entrer en territoire irakien.
3 h 00 : discours de George Bush. Le président des USA y annonce que les forces de la coalition sont « entrées dans la dernière phase ».
4 h 00 : les soldats koweïtiens quittent leur cantonnement de Khafji et pénètrent les premiers en territoire koweïtien. La mission des soldats Koweïtiens qui avaient réussi à se réfugier en Arabie Saoudite lors de l'invasion de l'émirat est de traverser le champ pétrolifère d'Umm Qadeer et de foncer vers al-Jahra, une petite ville située à 40 km au Sud-Ouest de Koweït-City.
Ils sont équipés de matériels et d'uniformes occidentaux. Leurs armes ayant été abandonnées au Koweït lors de l'invasion. L'armée américaine s'est également chargée de poursuivre l'entraînement de ces Koweïtiens désireux de libérer leur pays.
Partis bien avant l'aube de la région de Khafji (nord-est de l'Arabie Saoudite), 4.000 soldats koweïtiens arrivent les premiers sur le sol de leur pays vers 4 h 00 du matin. Ces soldats ont d'abord traversé la route goudronnée Tapline, qui longe la frontière koweïto-saoudienne d'Est en Ouest. Ils ont également dû emprunter des rampes de sable enjambant le pipe-line qui, lui aussi, longe la frontière.
Les Irakiens, qui avaient semé des milliers de mines et une « tranchée de feu » (un fossé rempli de fûts de pétrole qu'on incendie à l'arrivée de l'ennemi) le long de la frontière, sont très peu nombreux. Les champs de mines sont neutralisés à l'aide du système Miclic américain qui, en catapultant un long cordon d'explosifs, ouvre un passage de 14 m de large. Puis, après avoir prié sur le sol de leur patrie retrouvée, les soldats koweïtiens traversent le champ pétrolifère d'Umm Qadeer.

5 h 00 : les soldats français du dispositif Daguet pénètre en territoire irakien. Leur objectif est la prise d'une base aérienne irakienne : As-Salman et son nœud routier. Les marsouins reçoivent des cachets de pyridostigmine (pour se prémunir de toute attaque chimique).
Les 12.000 Français sont aidés, entre autres, des 82ème et 101ème Airbornes américaines. Ils doivent servir de tenaille en coupant de Bagdad les troupes irakiennes installées au Koweït et à Bassora. 
Pour atteindre cette bourgade irakienne (dont le nom de code est White), 2 objectifs intermédiaires doivent être reconnus, Rochambeau et Chambord. Derrière les troupes françaises se trouve les canons de 155 mm du bataillon américain qui pilonnent les positions irakiennes. Les obus passent au-dessus de la tête des Français.
La 1ère compagnie du 3ème RIMa, sous les ordres du capitaine Lancelot, passe la frontière en tête, en longeant l'axe Est par le point Montcalm. D'autres unités franchissent la frontière par les points Falcon et Natchez plus à l'Ouest.
6 h 40 : l'agence de presse koweïtienne Kuna affirme qu'une opération de débarquement amphibie a commencé sur les côtes du pays.
7 h 00 : un communiqué de la Maison Blanche indique que le jour J et l'heure H ont été programmés bien avant que le Kremlin n'ait proposé son plan de paix. La décision de l'attaque a été prise après le 11 février, date de la visite en Arabie Saoudite de Dick Cheney et Colin Powell et de leur rencontre avec le général Schwarzkopf.
7 h 20 : la chaîne de télévision américaine NBC indique que le 8ème corps américain amorcerait un mouvement d'enveloppement au nord-est de l'Irak avec les troupes françaises.
7 h 25 : les Gazelle françaises du 1er RHC, parties en reconnaissance, donnent l'alerte au régiment pour signaler la présence d'un fortin irakien à quelques kilomètres à peine des VAB du 3ème RIMa en cours de progression.
La section de l'adjudant Delangle, de la 1ère compagnie, est chargée de prendre la position irakienne. 35 hommes répartis dans 4 VAB, et couverts par les Gazelle, se dirigent vers l'objectif. Les soldats sortent de leurs véhicules, armes au poing. Ils s'approchent du fortin (un amas de tôles posé sur le sable recouvrant plusieurs tranchées) et tirent quelques rafales. Ne voyant aucune résistance, les Gazelle repartent. Aussitôt, la tôle du fortin se soulève, 3 hommes sortent de leurs tranchées, et avancent les bras en l'air. Ce sont les premiers prisonniers de l'offensive terrestre. 

9 h 15 : l’agence de presse iranienne Irna affirme que 4 missiles viennent de s'abattre sur Bagdad. Il semble donc que les bombardements alliés n'ont pas cessé sur la capitale malgré les opérations terrestres au Sud du pays.
10 h 00 : la chaîne de télévision américaine CNN annonce que des mouvements héliportés ont lieu sur Khafjak (Koweït) et Bassora. Il s'agirait pour les Alliés de neutraliser les bases de commandement des troupes irakiennes au Koweït. CNN précise que 11 soldats américains auraient été tués aujourd'hui.
Après plus de 2 heures de combat, l'adjudant Delangle rend compte par radio que la 1ère position irakienne sur la route de Rochambeau et d'As-Salman est neutralisée.
11 h 00 : le gouvernement soviétique déclare qu'il regrette l'offensive terrestre contre l'Irak et maintient qu'il y avait encore une chance de règlement pacifique : « la logique de guerre l'emporte sur la raison ».
11 h 30 : l’Irak lance 2 missiles SCUD sur la ville saoudienne d'Haffar al-Battin. Ils sont interceptés par des Patriot.
L'objectif Rochambeau est en vue. Trois A-10 Thunderbolt américains survolent les troupes françaises pour bombarder l'objectif, des bunkers irakiens, pendant plus de 45 minutes. 

12 h 00 : d'après la chaîne de télévision française Antenne 2, les Américains ont libéré un îlot à 15 km au large de Koweït-City. Cette petite île, « capitale » dans la stratégie alliée, doit servir de tête de pont à un débarquement allié au Koweït.
12 h 20 : les hommes du 3ème RIMa prennent la relève, appuyés par l'artillerie et l'aviation américaines. Le colonel Thorette ordonne l'assaut. Le capitaine Gaillard monte à l'assaut de Rochambeau. Les chars lourds du 4ème Dragons progressent sur la droite en canonnant l'objectif. Les Irakiens ripostent à la mitrailleuse. Les soldats ouvrent le feu avec toutes les armes dont ils disposent (lance-roquettes, grenades, fusils mitrailleurs...) pour montrer à l'armée de Saddam Hussein la supériorité militaire des Alliés, et contraindre ainsi les Irakiens à se rendre. La compagnie du capitaine Gaillard capture d'ailleurs 108 Irakiens, un tel nombre de prisonniers ralentit la progression des Français. Ils sont aussitôt confiés aux Américains de la 82ème Airborne, agissant sous le commandement de l'armée française.
12 h 42 : discours de Saddam Hussein. Bagdad assure que ses troupes ont repoussé l'assaut allié et qu'elles ont la situation « bien en main ».
14 h 35 : la chaîne de télévision américaine CBS indique que des parachutistes américains se trouveraient dans Koweït-City.
17 h 30 : le dernier bunker gardant la route Texas, seule route goudronnée menant à As-Salman et baptisée ainsi par les Alliés, est pris par les Français. Mais 3 chars irakiens T-62, faisant route vers la position Rochambeau, sont signalés. Ils sont détruits quelques minutes plus tard avec l'intervention des VAB du 3ème RIMa, et leurs fameux missiles Milan, arme réputée infaillible sur une distance de 600 à 1.900 mètres.

Aussitôt après avoir informé l'état-major du succès de l'opération, le 3ème RIMa redémarre, sans s'être reposer, pour atteindre le second objectif avant la nuit : Chambord.
18 h 00 : le second point stratégique est atteint au moment même où les soldats français doivent faire face à une tempête de sable, sans que l'on sache s'il s'agit d'un phénomène naturel (qui durera quand même plus de 2 heures !), ou de la combinaison des tirs d'artillerie et des raids d'avions alliés qui pilonnent les positions irakiennes à 3 km du bivouac du 3ème RIMa en soulevant énormément de sable.
18 h 25 : sur Radio-Bagdad, l'état-major irakien explique que leurs soldats ont « décimé » une unité aéroportée qui se trouvait derrière les lignes de défense irakiennes, à Manaqish, au sud-ouest de Koweït-City. Les 1ère et 3ème divisions ont également « réussi à brûler et détruire des centaines de chars et à tuer et blesser de nombreux soldats désespérés ».
19 h 00 : interview du président : La guerre se déroule mieux que prévu.
Il confirme les propos de son état-major, à savoir que les troupes françaises ont avancé de 50 km à l'intérieur du territoire irakien, les autres forces ayant dépassé toutes les prévisions par leur rapidité.
21 h 15 : le général Norman Schwarzkopf, commandant en chef de la coalition, donne l'ordre d'accélérer le rythme.
23 h 00 : Marlin Fitzwater, porte-parole de la Maison Blanche  annonce que « notre conclusion générale est que l'ensemble de l'opération jusqu'à présent a été un grand succès. »

Le Pentagone annonce que des accrochages très violents ont eu lieu entre des Marines et des Irakiens autour du champ pétrolifère d'Umm Qasr, peu avant le début de l'offensive. Mais les autorités militaires se refusent à communiquer le bilan des victimes civiles et militaires. 
L'état-major américain demande aux forces alliées de peindre un grand V inversé sur chaque côté de leurs véhicules et d'y fixer un bout de tissu rouge vif pour permettre aux aviateurs de distinguer « les bons des méchants », et éviter de renouveler les tirs amis  survenus à Khafji. 
Désormais, ce sont 183 puits de pétrole qui sont en feu au Koweït.   

« L'offensive terrestre sera chimique dès les premières heures » avait menacé le colonel Sam Reines, commandant la 7ème brigade du génie de l'US Army. Quelques heures après le début de l'assaut, les soldats d'une unité de reconnaissance repère une étrange fumée grise. L'alerte aux gaz est donc donnée sur la partie Est du front koweïtien. Les soldats enfilent rapidement leur combinaison N.B.C. Mais c'est une fausse alerte, il pourrait s'agir de grenades au cyanure tirées par des lance-roquettes.

Lundi  25 février : les forces aériennes alliées effectuent 3 raids sur Bagdad dans la nuit et 6 dans la journée. Les forces britanniques ont détruit un site de missiles Silkworm après une attaque contre le cuirassé américain Missouri.
1 h 30 : nouveau tir de SCUD sur Israël. 2 SCUD irakiens tombent dans le sud d'Israël, sans faire de dégâts ni de victimes.
4 h 00 : mission annulée pour les Jaguar français. Arrivé à hauteur de l'aéroport de Tallil, les pilotes alliés doivent faire face à une météo exécrable. Les caméras de visée des Jaguar ne donnent aucune image. Impossible de déceler quoi que ce soit, et encore moins de repérer une cible. L'état-major allié se résigne donc à annuler la mission.
4 h 30 : la télévision irakienne affirme que l'Irak a repoussé l'assaut allié, « les glorieuses forces de Saddam Hussein ont repoussé l'offensive ».
5 h 00 : les Irakiens lancent depuis la côte Sud de l'Irak 2 missiles antinavires Silkworm, de fabrication chinoise, sur le cuirassé USS Missouri. Le navire se trouve près de l'île de Faylakah. Le destroyer HMS Gloucester de la Royal Navy lance 2 missiles défensifs Sea Dart et détruit un missile irakien 30 secondes avant l'impact sur le navire américain, alors que l'autre s'abîme en mer.
5 h 35 : le bataillon d'artillerie américain qui appuie la division Daguet entre en action. Les obus américains passent au-dessus des têtes des soldats français pour aller frapper les positions ennemies quelques kilomètres plus loin. Les départs de LRM (Lance-Roquettes Multiples) et les coups de 155 mm sont extrêmement violents, et les bruits des explosions se mêlent au tonnerre de l'orage qui se lève. Les soldats français se préparent à la hâte pour les combats, tandis que la radio de l'opération Daguet diffuse un message rappelant d'avaler un comprimé de pyridostigmine en prévention d'une intoxication chimique. Ce message est lancé toutes les 8 heures.
7 h 40 : selon un porte-parole militaire, les troupes alliées auraient fait au moins 14.000 prisonniers lors des premières 24 heures de l'offensive terrestre.
12 h 20 : après avoir pénétré le territoire irakien durant plusieurs heures, le 3ème RIMa s'arrête pour céder la place à sa Section de Mortiers Lourds (SML).
Une « batterie flash » : en 4 minutes, les 6 tubes de 120 mm sont prêts à envoyer leurs obus à 13 km, avec une grande précision. Et cette section n'est dans le Golfe que depuis 3 jours seulement !
14 h 30 : les canons de 155 mm du 11ème RAM ouvrent le feu sur l'aérodrome irakien d'As-Salman. Ils vont pilonner leur cible pendant plus de 2 heures. Le ciel nuageux et la pluie fine ont réduit la visibilité, provoquant l'annulation de l'appui des aviations française et américaine.
16h00 : l’ensemble de la division Daguet, qui encercle la base aérienne, est enfin prêt à attaquer.
16 h 20 : les 2 SML du 2ème REI bombardent à leur tour la base aérienne. Le 2ème REI est le seul régiment de France à posséder 2 SML. Les 6 mortiers de 120 mm de la SML 1 du lieutenant Hourregue effectuent des « tirs d'emblée », c'est-à-dire sans réglages mais à partir des coordonnées, sur des dépôts de munitions. C'est la première fois que ses légionnaires utilisent la charge 10, charge maximale qui est interdite à l'entraînement en France. Les obus F-2 à propulsion additionnelle, qui permettent d'allonger la portée de 8 à 13 km, sont également tirés pour la première fois. Le bilan de l'artillerie française est impressionnant : plus de 700 obus de 155 mm et plus de 300 de mortiers ont été tirés en 2 heures !
16 h 30 : l’escadron De Kersabiec ouvre le feu. Appartenant au RICM et rattachés au 2ème REI, les équipages de ces AMX-10RC sont les seuls marsouins intégrés à la Légion. Au canon de 105 mm, les blindés tirent sur des hangars, des emplacements de combat et des pièces d'artillerie afin de protéger les sapeurs du REG qui tentent d'ouvrir une brèche dans la clôture. Les flammes des dépôts de munitions pris pour cibles par les mortiers percent une obscurité autant due au mauvais temps qu'à la nuit qui tombe. Des renseignements indiquent que des éléments d'une division d'infanterie irakienne évoluent dans la zone.
17 h 20 : le grillage clôturant l'aéroport résistant, le sous-groupement De Kersabiec-Thiébault le franchit en l'écrasant. Un char irakien T-59 embossé (protégé par des levées de terre) est détruit par le feu des AMX-10RC du 4ème peloton. Le 4ème escadron du 1er REC détruit 6 pièces d'artillerie avec ses missiles Hot. Dix minutes plus tard, c'est au tour du sous-groupement Dumont-Saint-Priest-Chavancy de pénétrer sur le terrain par la brèche que les sapeurs ont réussi à aménager.
Ses sections prennent pied dans les bâtiments situés à l'Est. Presque au même moment, l'escadron Yakovleff et la compagnie De Reviers franchissent également pour prendre position au centre de l'aérodrome.

La route Texas est complètement bouchée. Les véhicules français et américains, immobilisés, occupent les 2 voies et les bas-côtés. Une cible facile pour l'armée irakienne, si l'US Air Force ne surveillait pas les environs. « À école, on nous répétait sans cesse : pas un pas sans appui. Maintenant je comprends ce que cela veut dire » explique avec un sourire le commandant Pierrotti alors que des chars irakiens brûlent à quelques kilomètres de là. Sur le réseau radio du régiment, le chef de corps s'adresse à tout le régiment. « La division Daguet a rempli sa mission. L'axe MSR (Main Supply Road) Texas est ouvert. »
C'est l'heure des retrouvailles entre les hommes des différentes unités circulant sur la route Texas, devenue glissante à cause de la pluie.
Au soir, les AMX-10RC et les VAB s'arrêtent en haut d'une crête. Face à eux, à 2 km à peine, se dressent les maisons et le fort d'As-Salman, encerclés par les Alliés. Ce qui intéresse le patron du 3ème RIMa, qui doit prendre le village à l'aube, c'est de savoir qui l'occupe encore. Impossible de savoir si les hommes et l'état-major de la 45ème division d'infanterie irakienne se trouvent encore dans le village. Pas plus que le nombre de civils restés dans leurs maisons. Réponse à l'aube, quand ils entreront dans les rues d'As-Salman...
18 h 00 : l’aérodrome d'As-Salman est conquis.
Les légionnaires ratissent la zone avec attention.
18 h 40  : 29 GI's tués par un SCUD irakien. Un  SCUD lancé sur l'Arabie Saoudite est intercepté par un Patriot. Son ogive, chargée d'une tonne d'explosifs, n'a pas été détruite, et retombe sur le toit d'une caserne de Khobar, près de Dhahran, provoquant un incendie.
22 h 00 : l’agence de presse soviétique Tass informe que le Kremlin a présenté de nouvelles propositions pour mettre fin aux combats  au Conseil de sécurité des Nations Unies.  

Les hommes de la 24ème division d'infanterie de l'US Army se sont battus pendant plus de 4 heures pour s'emparer de l'aéroport de Tallil, au Sud de Nasiriyah, et protégé par un commando irakien. Cet aéroport, baptisé Cobra par les Alliés, est destiné à ravitailler les forces alliées en munitions, et surtout en carburant.
Selon la télévision américaine CNN, les satellites américains auraient détecté le retrait d'un certain nombre de blindés irakiens.

lundi 22 août 2016

Laudato si… (XXX)


Trentième chapitre : Avant l’offensive

Avertissement : Vous l’aviez compris, ceci n’est qu’un roman, une fiction, une « pure construction intellectuelle », sortie tout droit de l’imaginaire de son auteur.
Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies), y compris sur la planète Terre, y est donc purement, totalement et parfaitement fortuite !

La police israélienne disperse une manifestation rassemblant des Palestiniens qui exigeaient que soit établi un lien entre la question des Territoires occupés et la situation dans le Golfe.
Pour la première depuis la révolution islamique de 1979, le chef de la diplomatie iranienne, Ali Akhbar Velayati, est reçu par les autorités françaises.
L'armée française interdit aux femmes journalistes  présentes en Arabie Saoudite d'aller sur le front, pour ne pas froisser les autorités saoudiennes.
Devant le Parlement européen de Strasbourg, l'ancien président français Cisgard-Destin plaide pour la création d'une Agence européenne des armements.
Le gouvernement canadien annonce un renforcement de ses activités militaires dans le Golfe, notamment le lancement d'attaques air-sol au Koweït.
Le gouvernement italien  approuve le plan de paix proposé par les Soviétiques. Mais il reste isolé.
À Téhéran, les ambassades de Grande-Bretagne, d'Italie et de Turquie sont les cibles d'attentats à la grenade, revendiqués par une organisation inconnue qui dit soutenir Bagdad. Les dégâts sont mineurs.

Jeudi 21 février : l’aviation alliée effectue 2.000 sorties. L'Irak lance 3 missiles SCUD sur l'Arabie Saoudite. Côté américain, un F-16 s'écrase lors d'un ravitaillement en vol et un hélicoptère Chinook s'écrase lors d'un atterrissage d'urgence. Tous les occupants sont tués. 2 autres hélicoptères s'écrasent sans faire de victimes.
Les Français capturent 2 déserteurs irakiens

Les Alliés sont submergés. Personne n'imaginait, au sein de la coalition, un tel afflux de prisonniers irakiens. Les problèmes de logement et de nourriture viennent à peine d'être réglés qu'une autre difficulté gêne la coalition : les interrogatoires qui s'éternisent. Ils nécessitent en effet des officiers qualifiés et des interprètes en grand nombre.
Or, la tâche de ces derniers s'amplifie de jour en jour à l'approche de l'offensive terrestre. Mais les interrogatoires des prisonniers irakiens restent primordiaux pour les Alliés : ils les renseignent sur les positions irakiennes, le nombre de soldats sur ces positions, les renforts, l'armement...

L'une des principales missions de la Royal Air Force est de couler la flotte irakienne. Missions assurées par les Lynx de la Royal Navy qui, à coups de missiles Skua, ont envoyé par le fond 60 % des navires de guerre irakiens. Ce n'est pas tant ces navires irakiens que redoutent les Alliés, mais surtout les centaines de mines marines que ces bâtiments dispersent dans le Golfe pour empêcher un débarquement sur les plages du Koweït. Ces mines, de fabrication soviétique, ont été perfectionnées par les Irakiens pour les rendre plus « efficaces ». C'est pourquoi la coalition a disposé 11 dragueurs de mines devant le Koweït (5 britanniques, 4 américains, 2 belges) et 5 allemands au Sud du Golfe.

Le vice-Premier ministre irakien, Saadoun Hammadi, se rend à Téhéran, après un court séjour à Pékin. Tarek Aziz  s'est entretenu hier avec son homologue iranien, Ali Velayati. Aujourd'hui, il se rend à Moscou. Alors que le Kremlin vient d'apprendre avec inquiétude les dernières déclarations de Saddam Hussein, le ministre irakien des Affaires étrangères assure les autorités soviétiques que son pays est prêt à accepter le plan de paix de l'URSS. La position du gouvernement irakien paraît floue...

À Dhahran, le général Norman Schwarzkopf se plaint des pilotes d'hélicoptères Apache, qui gaspillent leurs missiles, très coûteux, sur des cibles non appropriées. Lors du dernier raid d'hélicoptères sur les bunkers irakiens de la frontière, les Apache ont tiré au moins 100 missiles Hellfire pour ne détruire que des camions et des fortins, ou pour disperser des unités d'infanterie.
Le Président irakien demeure résolu à aller jusqu'au bout. Au 36ème jour de guerre, Saddam Hussein a porté un coup mortel aux espoirs qui demeuraient encore à travers le monde d'éviter une sanglante bataille terrestre. 

Les accrochages sont de plus en plus nombreux aux frontières koweïtienne et irakienne. Le général américain Richard Neal, chef d'état-major adjoint des forces américaines dans le Golfe, reconnaît que les Alliés pratiquent « une politique agressive de patrouille et de reconnaissance dans la zone frontalière ». Les Britanniques ont tiré toute cette journée 1.300 obus et 144 roquettes avec leurs 72 canons. Les Irakiens semblent également se préparer à cette offensive : des armes chimiques auraient été livrées aux divisions irakiennes stationnées le long de la frontière. Côté allié, les forces de la coalition se répartissent sur plus de 700 km.
Les Français de Daguet se trouvent désormais à la frontière irakienne en compagnie du 18ème corps d'armée aéroporté américain. À l'opposé, le contingent arabe se trouve sur la frontière koweïtienne, à plusieurs centaines de km des Français. Saoudiens et Koweïtiens sont soutenus par la 7ème brigade et la 1ère division blindée des Britanniques.

L'Irak lance 3 missiles SCUD  sur Riyad, Dhahran et la base KKMC en Arabie Saoudite. Il s'agit du camp militaire du roi Khaled, que l'on peut considérer comme le quartier général de la force arabe. Les missiles sont interceptés et détruits par des Patriot.
La ville marocaine de Fès annonce son jumelage avec la ville irakienne de Bassora. Façon originale de montrer son désaccord avec le gouvernement qui a engagé des troupes au sein de la coalition.
Sarah Ferguson, duchesse d'York, rend visite aux pilotes britanniques de la base aérienne de Honington.
En Algérie, 3.000 commerçants manifestent  dans les rues de la capitale en soutien à l'Irak.

Vendredi 22 février : l’aviation alliée effectue 3.000 sorties. Un soldat américain est tué et 5 autres blessés au cours d'un échange de tirs d'artillerie sur la ligne de front. Depuis le 17 janvier, 55.000 tonnes de bombes ont été larguées sur l'Irak.

Washington, 10 h 42 : toutes les télévisions retransmettent l'événement. George Bush sort de son Bureau ovale, et s'approche du pupitre installé dans les jardins. Dans un discours de 3 minutes seulement, le Président américain lance un dernier ultimatum à Saddam Hussein. Faute d'une évacuation du Koweït dans les 24 heures, l'offensive terrestre alliée sera lancée. C'est donc à 17 h GMT (18 h 00 à Paris) que le délai expirera.
Réagissant à l'ultimatum lancé par les Américains, le Conseil de commandement de la révolution irakien le qualifie de « honteux ».
« Nous ne respectons pas (George Bush) et nous n'avons pas peur de ses forces d'agression. »
Pierre Joxe, ministre français de la Défense : « Le début des opérations terrestres est maintenant programmé. Il appartient à l'Irak de les empêcher ».

À 3 heures du matin (0 h 00 GMT), Tarek Aziz confirme les bonnes intentions exprimées lors de son arrivée à Moscou. Bagdad accepte le plan de paix en 8 points de Gorbatchev. Mais ce document sera cependant « actualisé » pour tenir compte de la position irakienne, selon Vitali Ignatenko, porte-parole du Kremlin. Koweït-City devra être évacuée dans les 4 premiers jours du « retrait total et inconditionnel » et les prisonniers de guerre devront être libérés dans les 3 jours suivant le cessez-le-feu. 

L'aviation française effectue 6 raids aujourd'hui : 3 en Irak et 3 au Koweït. Aucune perte n'est à déplorer. Désormais, les pilotes français seront chargés de bombarder la frontière irakienne à l'Ouest du Koweït. Cette stratégie vise à préparer une coordination aéroterrestre avec les troupes de Daguet. Les hélicoptères Gazelle ont également effectué des reconnaissances en Irak.
Dans la soirée, plusieurs raids aériens ont lieu sur Bagdad : 12 missiles se sont abattus sur divers quartiers. 3 des 6 ponts de la ville, des bâtiments militaires et de nombreuses maisons sont détruits. C'est la première fois en 15 jours que les Alliés bombardent Bagdad.
Une patrouille saoudienne est parvenue à pénétrer sur le territoire koweïtien, pour procéder à un déminage en vue de l'offensive terrestre. Les soldats saoudiens ont pu désamorcer 75 mines, ouvrant ainsi une large brèche dans ce champ de mines de la frontière koweïti-saoudienne. Au même moment, les Irakiens annoncent avoir repoussé une offensive alliée en infligeant de lourdes pertes matérielles et humaines à l'ennemi dans le secteur d'Al-Mansour. D'après les Alliés, il s'agirait d'opérations de routines.

Marlin Fitzwater, porte-parole de la Maison Blanche, fait un bilan : 55.000 tonnes de bombes ont été larguées sur l'Irak et le Koweït en cinq semaines.
Les Irakiens pratiquent la politique de la terre brûlée. Au cours des dernières 24 heures, 140 puits de pétrole supplémentaires ont été incendiés pour paralyser l'aviation alliée avec un rideau de fumée noire. De nombreuses installations pétrochimiques ont également été détruites.
Un missile SCUD irakien est lancé vers l'Arabie Saoudite. Intercepté par un Patriot américain, il est détruit en vol. Mais l'alerte chimique a été déclenchée, les autorités craignant une attaque non conventionnelle de l'Irak pour déstabiliser le déclenchement de l'offensive terrestre.
L'Irak lance un missile SCUD sur Israël sans faire de victime.

Samedi 23 février : l’aviation alliée effectue 3.000 sorties. Un Tornado britannique est abattu. Plus de 100 soldats irakiens se rendent aux Alliés. D'après les Alliés, 40 % du potentiel militaire irakien est détruit.
Les Français à l'assaut de l'Irak 14 heures avant l'expiration de l'ultimatum fixé par les Alliés.
Parties à 3 h 00 GMT ce matin, les Gazelle françaises ont reçu pour mission de reconnaître et « nettoyer » le chemin menant à As-Salman. Le but est de préparer le passage des troupes et des blindés lors du début de l'offensive terrestre. Les « coyotes » du 3ème RHC ont tiré plusieurs missiles sur une position irakienne, désormais totalement détruite. Puis les hommes du 2ème REI (Légion étrangère) sont allés contrôlés un escarpement stratégique situé à 2 km environ à l'intérieur du territoire irakien. Les Légionnaires et les hommes du 3ème RIMa doivent occuper les positions Natchez et Montcalm. Dans l'après-midi, les chars du 4ème Dragons franchissent la frontière. Au soir, les marsouins tirent un missile Milan sur un camion irakien qui parvient à s'enfuir.
Sur place, les Français n'ont pas rencontré d'opposition, les troupes irakiennes ayant déjà reculé d'une vingtaine de kilomètres. Les hommes de Daguet entament leur première nuit en territoire irakien, alors que la diplomatie poursuit son cours. Le véritable assaut est prévu pour demain matin...

George Bush rejette la proposition de Saddam Hussein, qui réclamait 21 jours pour retirer ses troupes du Koweït, et juge insuffisante les dernières concessions faites par Bagdad. Ce revirement irakien est donc « sans effet ». Il ne reste plus que quelques heures à Saddam Hussein pour retirer son armée du Koweït.
Plus de 67.000 hommes, 500 chars AMX-30 français et M-60 américains, 2.000 blindés divers et des centaines de pièces d'artillerie n'attendent plus que le feu vert du commandement allié pour se lancer à l'assaut des positions irakiennes. Cet impressionnant dispositif est soutenu par 10.000 soldats fournis par le Qatar, le Bahreïn, les E.A.U. et Oman, auxquels viennent s'ajouter 4.000 soldats koweïtiens.
Le département américain de la Justice autorise, à titre exceptionnel, 51.000 Koweïtiens, Libanais et Libériens à rester un an au moins aux USA, en raison des dangers qui subsistent dans leurs pays respectifs.
À la suite de l'explosion prématurée d'une des bombes qu'ils emportaient, les 2 pilotes d'un Tornado britannique sont contraints de s'éjecter en vol au-dessus du territoire irakien. Ils sont faits prisonniers.

L'une des filles de l'émir Jaber, réfugiée à Londres, commande 1.000 tee-shirts avec la mention : « Le Koweït est libre ».
La chaîne américaine CBS annonce qu'au moins 179 puits de pétrole koweïtien ont été incendiés par les Irakiens dans le but de ralentir une éventuelle offensive terrestre alliée. La ville saoudienne de Khafji serait plongée dans le noir suite à l'épais nuage de fumée provoqué par ces puits en feu.
L'Irak lance un missile SCUD sur le centre d'Israël sans faire de victime ni de dégât.
Les effectifs du dispositif Daguet atteignent 14.708 hommes.

Dimanche 24 février 1991 : l’ultimatum américain expire. Les satellites américains ne montrent aucun signe de retrait militaire irakien du Koweït. Les Alliés déclenchent l'offensive terrestre.
Les troupes terrestres américaines, saoudiennes et koweïtiennes foncent vers Koweït-City. Un contingent américain fonce droit vers la Garde républicaine irakienne. Les Britanniques marchent vers Bassora, pour prendre les Irakiens à revers. Les Français referment le piège en se dirigeant vers As-Salman. L’aviation alliée effectuera 3.000 sorties. Plus de 6.500 Irakiens sont faits prisonniers (dont 1.000 par les Français) en à peine 10 heures. L'Irak affirme avoir repoussé les Alliés, détruisant des centaines de chars et tuant de nombreux soldats.