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Oui, entrez, entrez, dans le « Blog » de « l’Incroyable Ignoble Infreequentable » ! Vous y découvrirez un univers parfaitement irréel, décrit par petites touches quotidiennes d’un nouvel art : le « pointillisme littéraire » sur Internet. Certes, pour être « I-Cube », il écrit dans un style vague, maîtrisant mal l’orthographe et les règles grammaticales. Son vocabulaire y est pauvre et ses pointes « d’esprit » parfaitement quelconques. Ses « convictions » y sont tout autant approximatives, changeantes… et sans intérêt : Il ne concoure à aucun prix littéraire, aucun éloge, aucune reconnaissance ! Soyez sûr que le monde qu’il évoque au fil des jours n’est que purement imaginaire. Les noms de lieu ou de bipède et autres « sobriquets éventuels » ne désignent absolument personne en particulier. Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies) y est donc purement et totalement fortuite ! En guise d’avertissement à tous « les mauvais esprits » et autres grincheux, on peut affirmer, sans pouvoir se tromper aucunement, que tout rapprochement des personnages qui sont dépeints dans ce « blog », avec tel ou tel personnage réel ou ayant existé sur la planète « Terre », par exemple, ne peut qu’être hasardeux et ne saurait que dénoncer et démontrer la véritable intention de nuire de l’auteur de ce rapprochement ou mise en parallèle ! Ces « grincheux » là seront SEULS à en assumer l’éventuelle responsabilité devant leurs contemporains…

mercredi 16 août 2017

Ultime récit : Chapitre onzième


Précisions utiles. 

Avertissement : Vous l’aviez compris, ceci n’est qu’un roman, une fiction, une « pure construction intellectuelle », sortie tout droit de l’imaginaire de son auteur.
Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies), y compris sur la planète Terre, y est donc purement, totalement et parfaitement fortuite ! 

« – Je fais ça comment, moi, qui ne pige pas grand-chose à vos méthodes de voyage dans le temps ?
– Vous ne voyagerez pas dans le temps. Les Homos de cette époque-là savent peut-être que ça existe probablement comme je viens de vous le dire, mais ne savent pas faire. Vous voyagerez à leur façon, comme je vous l’ai montré lors de la première partie de notre parcours. Mais comme je vous l’ai indiqué, vers des zones que mêmes nos technologies ne peuvent pas encore atteindre.
– Et vous croyez que moi je vais savoir y faire ?
– Naturellement, voyons ! D’abord parce que vous serez assisté, ensuite parce qu’on vous demande juste de baliser le parcours vers ce « rien » à atteindre, et justement parce que vous ne voyagez pas dans le passé, mais dans le présent. Ce qui n’est pas sans risques, mais puisque vous revenez…
– Je ne comprends toujours pas…
– Bien sûr que vous ne savez pas. Quand un de nos véhicules, quel qu’il soit, une sonde, un relai, n’importe quoi, voyage sur la flèche du temps, vers le passé, c’est parce que nous savons précisément vers où et vers quand. Et comme nous avons une connaissance intime de tous les objets qui circulent dans le cosmos, à toute époque, nous savons limiter les risques d’interception. Un vaste inventaire qui se poursuit toujours d’ailleurs.

Parce que nous ne pouvons pas non plus aller sans risques pour nos véhicules et ses passagers vers des endroits du passé qui n’ont pas été inventoriés au préalable.
Vous saisissez ?
– Si j’ai bien compris cet aspect-là de votre exposé, Steph, ça se résume à pas de voyage trop loin, jusqu’à pas trop tôt dans le passé de la flèche du temps, ni vers le futur qui n’existe pas !
-  Exactement : Vous apprenez vite, votre excellence.
– Paul, s’il vous plait, Steph !
– Pas de flèche du temps ni avant la naissance de l’univers, pas de flèche du temps depuis un présent vers un futur qui n’existe pas encore. Et pas de voyage sur la flèche du temps dans des endroits de l’espace est trop dense en obstacles divers.
D’où une approche des étoiles du centre d’une galaxie par « petits-sauts » et sur des parcours balisés par nos sondes et relais. Et encore, à condition d’en avoir un inventaire précis du cours de leurs évolutions dans la soupe gravitationnelle ambiante. En revanche, c’est plus facile dans les bras d’une galaxie et entre les galaxies, là où les « crêtes gravitationnelles » ont fait le vide.
Naturellement.
– Naturellement. Et c’est quoi, ces… « crêtes gravitationnelles » ?
– Ce sont des endroits où il y a peu d’étoiles, entre les galaxies qui, de par leur masse attirent la matière pour la transformer en énergie. C’est là où on le plus de chance de ne rencontrer aucun obstacle entre deux amas de galaxies. Et comme vous voyagerez loin, très loin, je vous conseille de vous guider entre les sources lumineuses ou radiatives.
Pouvez-vous me faire une petite synthèse de tout ce que vous venez d’entendre, s’il vous plaît ?
– Euh… »

Paul est pris au dépourvu…
« – Ne devais-je pas aller me reposer ?
– Bien sûr. Mais juste après.
– Alors … euh… si j’ai bien compris je suis une « singularité », un Homo-Sapiens qui voyage sur la flèche du temps et le dans le cosmos lointain alors que sa civilisation et ses technologies ne le permettent pas.
– Bien !
– Notez que j’ai déjà voyagé à deux reprises dans mon passé.
– Je sais cela. Vous êtes par conséquent « éduqué » et votre esprit n’en a pas trop souffert par des crises schizophréniques. Ce qui n’est pas donné à tout le monde. La plupart des abduqués finissent cinglés…
– Ah oui ? Passons… Donc, pour voyager de la sorte, il nous faudra être capable de puiser de l’énergie dans le vide quantique.
– C’est ça.
– Et si je comprends bien, je fais aussi fausse route avec mes tentatives relatives à mes énergies surnuméraires comme le moteur Minato, la z-machine de McShiant ?
– Le moteur que vous dites exploite les différentiels des champs magnétiques. Ça fonctionne grâce au champ de votre planète. Mais c’est inopérant dans l’espace profond.

Les « z-machines », ce sont une bonne piste, mais c’est extrêmement délicat à faire fonctionner durablement. Et puis je vais vous dire, vous n’en avez pas besoin pour ce que vous souhaitez faire…
– Ah ?
– Continuez !
– Si j’ai bien compris aussi, le fait de tirer de l’énergie du vide permet de comprendre un peu mieux les relations de la matière et des champs. Notamment les qualités intrinsèques des neutrons.
– Oui, c’est un peu ça, quoique pas seulement, mais ça permet surtout d’en fabriquer avant de découvrir que le neutronium absorbe toutes les énergies autour de lui.
– Dès lors que l’on a compris à quoi ça peut servir, ça permet d’imaginer vos fabuleux voyages sur la flèche du temps.
– Non, ce n’est pas ça. Vous avez sauté des étapes. L’énergie du vide permet d’abord de modifier les champs gravitationnels et de découvrir l’existence des contre-champs. La gravitation « attire » deux masses. Les contre-champs les repoussent. Les deux lois se complètent et fonctionnent toutes les deux en fonction inverse du carré des distances. Ne l’oubliez pas, parce que dans les voyages lointains dans le cosmos, il y a probablement plus de contre-champs que de puits gravitationnels, puisque l’univers poursuit son expansion contre toute raison.
– Mais dites-moi, si cette expansion existe…
– Et s’accélère probablement indéfiniment…
– …Il doit bien y avoir une contrepartie quelle que part ?
– À condition de présumer d’un équilibre général. Ce qui est loin d’être acté. Et puis vous savez qu’existent des effondrements gravitationnels. Les trous-noirs !
– Ah oui, les trous noirs… Bon, ok ! Donc énergie du vide, champs et contre-champs gravitationnels, le neutronium qui permet d’en jouer et de rendre possible des voyages lointains intersidéraux, et enfin, par un mécanisme que vous ne m’avez pas dévoilé, à savoir l’utilisation de ces acquis pour voyager sur la flèche du temps. C’est ça ?
– Ce n’est pas mal pour un rustre primaire comme vous.
– En revanche, je crois avoir compris que j’ai à prendre en charge une civilisation que je ne connais pas, agressée par mes descendants. Or, un, j’ai bien compris que vous ne savez pas pourquoi moi. Deux, vous ne savez pas où je l’évacue. Trois, j’ignore avec quels moyens propres à vos technologies. Parce que moi, je ne les ai pas de toute façon.
– Vous les évacuez là où nous, nous ne pouvons pas aller. Vers un endroit si éloigné qu’il n’est pas détectable puisque situé au-delà de la distance maximale d’où nous parvient les champs d’énergie qui font l’univers tel que nous le voyions. L’horizon universel.
Il n’existe donc pas dans notre flèche du temps. D’où l’inadaptation de nos technologies. En revanche, avec les technologies rustiques des « Homos Améliorés », ça semble possible.
Nous allons donc vous les fournir une fois sur place. Pas de problème.
– Et pourquoi ils ne le font pas eux-mêmes alors ?
– Parce que ce n’est pas marqué comme ça dans nos archives, d’une part, et probablement parce que les « Améliorés » n’ont pas à savoir où les Krabitz vont résider. D’autant que ce sont des belliqueux et ils ont une dent contre les Krabitz. Pas la peine de tenter le diable.
– Le diable existe donc, chez vous ?
– C’est une expression de votre civilisation si crédule. Nous, on parle de tentation « animale », basique, instinctive.
– Je vois ! Mais je vais où ?
– Je vous l’ai déjà dit : là où il n’y a rien. Plus de lumière, plus d’énergie. Manifestement le domaine de la matière qui absorbe tout sur son passage…
– Du neutronium ?
– Peut-être… on ne sait pas. Mais si c’est le cas, ça expliquerait certaines choses.
– Comme quoi ?
– Je n’ai pas à vous le dire. Désolé. Et puis vous ne comprendriez probablement pas.
– Admettons. Alors comme ça je sais que je suis arrivé quand il n’y a plus rien devant moi ?
– C’est possible.
– Et ? »

Steph marque une pause…
« – Et vous revenez.
– Comment ?
– Exactement par le cheminement que vous aurez emprunté pendant le voyage de l’aller. Car, mais votre co-pilote vous le rappellera, parce que lui aussi compte bien revenir à sa propre civilisation, vous aurez « balisé » votre parcours. Logique si on veut que les véhicules des Krabitz vous suivent…
– Autrement dit, je joue le rôle de l’éclaireur, de l’ouvreur de piste.
– C’est exactement ça ! D’une part c’est possible tant qu’il n’y a pas trop de temps qui s’écoule entre la pose d’une balise et son retour vers elle, d’autre part, vous êtes priés de les « ramasser » afin de fermer le passage que vous avez ouvert à l’aller.
– Et pourquoi ça ?
– Pour éviter à la Légion de vous suivre et de porter la guerre là où elle n’a pas à aller encore.
– Bon sang, mais c’est bien sûr ! Suis-je bête !
– Je ne vous le fais pas dire… »
Et l’Homo-Ultra de recommencer à rire, avec ses petites dents dans son orifice buccal si étroit, surplombant une absence de menton qui s’efface au fil de l’entretien.
Il va finir monstrueux…

« – Encore une chose importante. La Légion est composée d’une espèce d’Homo-Amélioré, augmenté. « Plus » ils en disent d’eux-mêmes.
– Oui. J’imagine qu’ils ont une intelligence plus développée que la mienne, c’est ça.
– Pas vraiment. En revanche, à force de manipulation génétique de toutes sortes, qui d’ailleurs ont commencé à votre propre époque, ils ont fini par réduire leur part d’animalité de façon drastique.
– C’est-à-dire ?
– Ils sont devenus végétalien… c’est comme ça qu’on dit à votre époque ?
– Végétarien ?
– Non ! Végétalien. Aucun produit animal.
– Ils mangent de l’herbe alors. Herbivore !
– Il y a de ça, effectivement.
– J’espère que je ne vais pas devoir manger que de l’herbe. Moi, je mange les bêtes qui mangent de l’herbe.
– Nous y avons pensé, figurez-vous. Mais pour eux vous êtes une bête repoussante.
– Oui, je sais, déjà que pour vous avec mes odeurs.
– Vos phéromones, vos phéromones, rien de plus et qui génèrent des micro-champs disharmoniques. Qui plus est, vous êtes un mâle.
– Bé oui, normal. Pas encore hermaphrodite à reproduction par parthénogénèse, comme vous.
– Ils n’en sont pas encore là, mais à l’étape du clonage-mixte.
– C’est quoi, ça ?
– L’altérité sexuelle a été éradiquée et les générations se renouvellent par fécondation in vitro.
– Pardon ?
– Il n’y a que des femelles !
– Punaise ! Que des femelles ? Le pied, ça !
– Euh non, je ne crois pas justement. Elles ne savent pas ce que c’est. Et ce sont d’ailleurs libérées de tout instinct sexuel, hors leurs jeux érotiques et homosexuels.
– Eh bien, je vais pouvoir leur faire découvrir…
– Je viens de vous dire que non ! Ce n’est pas possible.
– Allons bon ! Ça va être gai alors !
– C’est pour ça que nous vous avons prévu quelques cyborgs du meilleur effet pour défouler votre libido native, propre à votre espèce… »
Là, Paul commence à percevoir que ce voyage promis aux confins de l’univers, jusque-là où il n’y a « rien », risque d’être un vrai cauchemar…

« – Il y a autre chose que je devrais savoir avant d’y aller ? Des de la même trempe que je m’y fasse ?
– Oui, mais nous en parlerons à votre retour. C’est l’objet de votre seconde mission, celle de votre époque.
– Ah oui ! Je reviens à mon époque. Et comme un « bon agent », je fais le boulot sans poser de question.
– Un ambassadeur, excellence. L’ambassadeur de la Coupole ! Qui arrive escorté par un véhicule de La Garde. Avec un déguisement qui en jette, vous allez leur en mettre plein la vue et nous sommes là pour vous couvrir jusqu’à votre retour.
– Admettons. Mais savez-vous que moi, je n’avais qu’un rêve ?
– Je le connais. Voler dans les éléments de votre planète, dans l’atmosphère, jusqu’au-delà de ses limites. Ce que nous faisons. Et puis sur la surface de vos océans. Mais ça, ça vous vient sur le tard, quand vous aurez goûté aux joies et vertus du cosmos… »
S’il le dit.

mardi 15 août 2017

Ultime récit : Chapitre dixième


Formation accélérée 

Avertissement : Vous l’aviez compris, ceci n’est qu’un roman, une fiction, une « pure construction intellectuelle », sortie tout droit de l’imaginaire de son auteur.
Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies), y compris sur la planète Terre, y est donc purement, totalement et parfaitement fortuite ! 

« Je peux continuer ? Remettez-vous et finissez donc votre verre. »
Paul s’exécute tellement il a le gosier sec à « entendre »… enfin, entendre… ce qu’on lui dit, disons plutôt « transmet ».
« Les déplacements spatiaux ont évolué depuis que votre espèce a commencé à s’affranchir de la gravitation de sa propre planète. Un lourd handicap. Les Krabitz et la plupart des autres espèces sont plus malines en s’installant et se développant sur des planètes solides ou gazeuses ou à faible gravité. D’autant que les concepteurs de vos engins ont d’abord cherché à exploiter des réactions chimiques exothermiques, alors que d’autres espèces ont trouvé plus intelligent de se servir de forces électriques.
Passons, ce n’est pas significatif… »
Sympa pour les « ancêtres-Sapiens » dudit mutant… en pense Paul.
« En ce qui nous concerne, nous avons évolué vers le déplacement sur des champs. Des champs gravitationnels, nettement plus puissants quand on sait les utiliser.
Je vous explique : si mon espèce est sensible aux champs, tous les champs, ce n’est pas par hasard, mais le fruit d’une évolution biologique et des travaux de mon espèce sur les champs.
Je viens de vous dire que notre énergie primaire est issue du vide. Une énergie diffuse, certes faible en apparence, mais inépuisable et omniprésente. Nous la stockons, après l’avoir transformée en électricité par effet piézoélectrique … »
Comme dans le gel « Birgit » s’interroge Paul ? (1)
Il n’a même pas le temps de formuler sa remarque que le « gouverneur » de La Garde réagit.
« C’est un peu ça, effectivement… énergie que nous stockons dans deux types d’accélérateur de particules. Un de matière protonique, l’autre anti-protonique. Et comme vous le savez déjà, plus on accélère de la matière, plus sa masse augmente. Autrement dit, nous créons des champs gravitationnels qui entourent totalement la partie de nos installations de vie et nous puisons à volonté dans ces réserves pour faire fonctionner, à travers un réacteur adéquat pour, à la fois la restitution de l’énergie nécessaire pour spiner nos structures en neutronium, voire les réparer à l’occasion, et pour nos réacteurs très classiques – action/réaction, poussée/mouvement – que vous allez voir fonctionner lors de votre voyage vers « rien », alors que nous, nous surfons aussi… surfer, c’est le mot qui convient ? … Surfons sur les champs gravitationnels et leurs contre-champs pour des déplacements plus ou moins long. »
Ah ?
« – L’engin qui vous a transporté de votre aéronef vers ce véhicule fonctionnait de la sorte. Et c’est d’’autant plus nécessaire, que comme ici, vous ne pourriez pas physiologiquement supporter les accélérations imposées par nos navigations sans contre-champs gravitationnels internes. La machine était programmée pour un niveau 3. Nous supportons 20 fois plus sans être totalement déformés, disloqués, nous les « Ultras ».
Et c’est très simple à faire, pour répondre à la question qui devrait surgir de votre encéphale : la masse de ces particules de matière et d’antimatière qui se déplacent à une telle vitesse qu’assez peu de matière au repos est suffisante pour créer des gradients de gravitation compensant les accélérations de nos véhicules.
Le seul problème, dans ceux de petite taille, reste juste « l’effet de marée ». Le champ n’a pas la même puissance d’un endroit donné à un autre, puisqu’il fonctionne en raison de l’inverse du carré des distances…
– C’est pour cette raison que vous m’avez demandé de rester debout et de ne pas bouger ?
– Exactement. Et que nous n’avons pas « poussé les manettes » trop fort. Vous vous seriez déplacé dans un espace aussi étroit, ou simplement retourné, votre côté gauche n’aurait pas « pesé » le même poids que votre côté droit.
– Intéressant. Et « l’ajustement » se fait comment ?
– Il suffit de déplacer plus ou moins de matière accélérée plus ou moins loin, devant, derrière, dessus, dessous, sur les côtés. Nos machines règlent ça parfaitement, sauf parfois, à l’exception de quelques « sursauts », conséquences d’infimes variations du champ primaire. Ça peut être dévastateur à des niveaux 30 ou 50. Voire encore plus élevés… »
Paul en est tout ébahi : prodigieux !

« – Vous me racontez tout ça, je veux bien, mais vous savez que je ne vais pas l’oublier…
– Naturellement. Mais la technologie de votre époque est très loin de pouvoir exploiter tout ce que vous apprendrez durant votre parcours, croyez-moi ! »
Probablement.
« Vous êtes à peu près comme… qui donc d’ailleurs ? Un peintre, d’une époque antérieure à la vôtre… Aidez-moi ! »
Un peintre ?
« – Qui a aussi été architecte, sculpteur et vous a laissé des travaux très en avance sur son époque qui ne maîtrisait pas la métallurgie assez finement.
– Eiffel, non Vinci, Léonard de Vinci ?
– Oui peut-être cette identité-là. Un de vos prédécesseurs parmi les Sapiens… Requis pour une petite mission qui aura eu des effets sans importance pour le déroulé normal de la flèche du temps… »
Veut-il supposer que Paul serait le Léonard du XXIème siècle ?
« Non pas du tout ! » s’exclame-t-il.
« Vous êtes-vous aussi une singularité. D’excellentes idées, certes, quelques réussites, pas de doute, mais surtout la trace que vous laissez, enfin… même pas vous, mais plutôt votre biographe, aura nettement plus de conséquences sur le devenir de votre espèce et par conséquent de la mienne…
Sans ces traces, vous ne seriez probablement pas là. Quoique… Comme vous en laissez aussi dans l’époque où nous allons, forcément la Coupole vous aurez réquisitionné.
– Nous allons où et pour faire quoi, finalement ? Ai-je besoin de subir cette formation tronquée et en mode accéléré sur vos hautes techniques « avancées » ?
– Au moins un minimum. On a besoin de vous pour évacuer loin des « Sapiens Améliorés » et « Augmentés » de la Légion, les Krabitz et les emmener dans un endroit situé au-delà des confins de l’univers visible.
On a ensuite besoin de vous pour procéder, à votre époque d’origine, à l’éradication d’une équipe de barbares Sapiens qui menace la vie de tous les Sapiens. Là. De façon certaine. Et vous n’aurez pas de mal à vous en rendre compte. Pour le moment, ce sera tout. Vous verrez bien par la suite ce qu’il vous adviendra…
– C’est quoi cette équipe à éradiquer ? Ça a un lien avec les Krabitz ?
– Un lien ? Non pas vraiment, sauf celui d’une unité d’action. Nous vous déplaçons dans le temps, dans l’espace et nous vous faisons revenir à votre époque d’origine, mais pas tout-à-fait dans l’aéronef qui vous transportait.
– Ah bon ?
– Dans un endroit isolé où « cette équipe » trafique quelques matériaux viraux qui sont contraires à la manifestation de la vie. Vous verrez ça assez vite et assez bien. C’est très anticipé sur l’évolution noté dans nos … livres d’Histoire à nous. Les modifications du génome de Sapiens doivent se faire dans un certain ordre, selon un tempo déjà écrit dans les mémoires de la Coupole, et certainement pas de façon destructrice et inopinée comme cette « équipe » le prépare.
– Et si vous laissiez faire ?
– Si nous laissions faire ? Mais réfléchissez donc deux instants, votre excellence ! » s’emporte le « mutant ».
« – Juste deux parcelles de votre temps, pas plus, s’il vous plaît, Paul !
– Vous me dites depuis tout-à-l’heure que vous êtes le produit d’une évolution pluriséculaire qui maîtrise des technologies qui dépassent la mienne. Bon admettons : vous venez de mon futur…
– Donc je connais votre futur, parce qu’il est notre passé. Nous savons tout de la façon dont Sapiens doit évoluer, techniquement, biologiquement, culturellement, nous savons ses désastres et ses splendeurs. Il va en passer par des crises invraisemblables, survivre, évoluer, se répandre dans l’espace-voisin, s’étendre avec le temps. Devenir majeur en s’améliorant et s’augmenter comme le dit ceux vers qui nous voguons.
Pour finir par évoluer jusqu’à nous, les Ultras, mon espèce. Je vous  l’ai indiqué d’emblée : nous sommes vos « petit-petit-petit-descendants ».
Alors quand quelques crétins de votre espèce à vous tentent, à votre époque d’éteindre la vie sur la planète matricielle, ils ne peuvent pas réussir, où nous ne serions pas là. Nous n’existerions même pas.
Et vous, votre excellence Paul de Bréveuil, vous êtes cet outil pour empêcher cette forfaiture.
– Et pourquoi pas vous-mêmes ?
– Parce que ce n’est pas rapporté comme ça. Il n’y a qu’une version dans notre passé. Et elle vous implique directement. Nous ne faisons que nous y conformer quand nous voyageons sur la flèche du temps. »
Compliqué pour Paul, tout ça.

« – Vous devriez aller vous reposer. Je comprends parfaitement que tout cela soit complexe et dense à assimiler pour un esprit … aussi rustre que le vôtre. J’en conviens.
– Rustre, rustre… Rustre ou rudimentaire ?
– Ne le prenez pas mal. Il y a des milliers et des milliers d’unité de temps qui nous séparent. Biologiquement, mais tout autant technologiquement et scientifiquement. C’est un des effets incontournables de nos voyages sur la flèche du temps. Ils n’existent que parce qu’ils sont indispensables à un moment donné. C’est tout. Le strict minimum.
Comprenez, pendant votre repos, nous allons retourner à notre point de départ, dans le temps et l’espace. Mon époque. Il n’est évidemment pas question que vous saisissiez le moindre indice sur la façon dont nous procédons. D’autant que c’est assez simple pour notre civilisation des Ultras, dès lors qu’on maîtrise les champs.
Puis nous allons sauter dans mon passé, qui reste votre avenir, à la rencontre des Krabitz dont vous allez vous avoir la charge. À cette occasion, vous allez rencontrer des « Sapiens Augmentés », améliorés qu’ils en disent.
Ils se disent « Supérieur ». « Sapiens Altiorem », « plus ». Supérieurs à vous, les Sapiens tout court. Alors c’est vrai qu’ils ont abandonné une partie de leur animalité. Vous découvrirez de quoi il s’agit.
Mais ils n’ont pas encore atteint la maturité nécessaire pour vivre en harmonie avec le cosmos et la vie d’une façon générale.
Ils leur restent ce côté radical, belliqueux qui les rend dangereux, non plus que pour eux-mêmes comme ceux de votre espèce, mais pour toutes les autres espèces du cosmos.
Attention toutefois, ils voyagent dans le cosmos comme je vous l’ai montré, en utilisant l’énergie du vide quantique et le neutronium. En revanche, s’ils savent l’existence de la Coupole et de la Garde, ils ne voyagent pas sur la flèche du temps. Même s’ils savent que ça existe.
Ou en tout cas le devinent.
– Ok, je ferme les yeux, je ne dis rien…
– Pas seulement. Vous, dans leur légende, vous êtes le successeur – alors qu’en fait chronologiquement et historiquement vous le précédez – de Pierre Lerrieux.
– Qui est-ce celui-là ?
– Oh mais… » s’énerve le gouverneur Stéphane !
« – Vous n’aviez qu’à lire le document que je vous ai remis précédemment !
– Vous en avez un autre exemplaire ?
– Non ! Et puis c’est agaçant.
Lerrieux, c’est la trace littéraire d’une boucle temporelle improbable. Je vous ai dit que la Coupole réfléchissait dessus depuis des temps immémoriaux…
– Mais c’est un roman, d’après ce que j’en aie compris !
– C’est présenté de la sorte, en effet. Mais pour une civilisation comme la mienne, qui maîtrise les voyages sur la flèche du temps, sachez que nous savons identifier ce genre de paradoxe temporel. Croyez-moi, votre Excellence.
– Je veux bien. Mais je ne comprends pas tout à vos… trafics !
– Probablement, en effet. Et c’est tant mieux ! Nous repartons donc dans mon présent et nous filons ensuite dans mon passé au moment où l’amiral Landditsy, qui commande la flotte de la Légion s’apprête à pulvériser, éradiquer les Krabitz. Il vient de vivre une séance, hors du temps, pour laquelle nous ne sommes pour rien d’ailleurs, qui l’a confronté à un « jardinier » en charge de le convaincre de changer les objectifs de sa mission…
– Qu’est-ce que c’est que cette histoire ? Un amiral contre un jardinier ?
– Ah oui, mais pas n’importe quel « jardinier » ! Probablement une « puissance céleste » qui nous dépasse nous aussi.
– Un dieu ? Une divinité ?
– Dieu n’existe pas dans notre « harmonie-cosmique ». Sauf que là, s’agissant d’une « singularité » dont on ignore l’origine à mon époque et qui se prénomme elle-même « Michel », toutes les spéculations, mêmes religieuses, restent permises.
Un grand mystère, même pour mon propre futur qui ne nous éclaire pas pour autant à mon époque, en tout cas sur ce sujet.
Comme l’amiral est convaincu du bienfondé d’une évacuation des Krabitz qui le gênent, à vous de la mettre en œuvre. »
Facile, à n’en pas douter…